Je me lance dans cette question délicate, tant elle peut glisser vers des malentendus : l’amour de soi. J’ai à cœur de partager ici mon expérience et ma réflexion.
Ce point de vue est le mien, nourri de mon parcours personnel et professionnel, mais il ne se veut ni une vérité universelle, ni un modèle.
Il s’agit d’un regard incarné, vivant et assumé.
Avant de dire ce qu’est l’amour de soi, il me semble essentiel de dire ce qu’il n’est pas : l’amour de soi n’est ni de l’égoïsme, ni une posture autocentrée ou individualiste.
Ce que l’amour de soi n’est pas
Avant de définir ce qu’est l’amour de soi, il faut lever les malentendus. Ce n’est ni de l’égoïsme, ni une posture autocentrée. Ce n’est pas chercher le pouvoir sur l’autre, ni nourrir une quête narcissique de perfection épuisante.
S’aimer ne consiste pas à contrôler l’autre ou à ignorer sa propre remise en question. Malgré les paradoxes culturels qui confondent souvent amour de soi et égocentrisme, n’oublions pas que
« Charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Un travail de détricotage
S’aimer demande du temps, de l’énergie et de l’engagement. C’est un véritable travail intérieur qui implique de déposer au vestiaire ses armures et son « faux-self ».
Il s’agit de transformer les injonctions limitantes en discours soutenants. On ne passe pas du jour au lendemain du désamour à la bienveillance : il y a des fils à détricoter, puis à retricoter autrement. C’est un chemin de souplesse où l’on apprend à respecter son propre rythme.
Devenir le capitaine de son navire
Pour moi, l’amour de soi commence par une bonne connaissance de soi, sans complaisance mais sans dureté. C’est une forme d’auto-bienveillance, une façon de marcher bras dessus, bras dessous avec soi-même. C’est reconnaître ses talents et ses ressources, tout en acceptant ses zones d’ombre et ses défauts, sans s’y enfermer.
S’aimer, c’est se respecter. Honorer ses valeurs et ses besoins profonds. Savoir s’affirmer, dire non, poser des limites, demander de l’aide. C’est devenir son propre parent bienveillant, autonome dans sa vie d’adulte. C’est reconnaître sa vulnérabilité tout en prenant la responsabilité de sa vie, en capitaine de son navire.
De l’auto-dénigrement à la gratitude
Concrètement, s’aimer, c’est combattre l’auto-dénigrement et écouter ses besoins plutôt que ses désirs compensatoires. C’est dialoguer avec son juge intérieur, observer ses progrès et accepter l’imperfection.
Quand je sais que je m’aime, je me salue avec gratitude. Je me permets d’être moi, indépendamment du regard des autres. Je traverse les détours émotionnels de la vie sans jamais m’abandonner en route.
« S’aimer n’est pas une destination que l’on atteint une fois pour toutes,
c’est une présence à soi que l’on cultive à chaque pas.
C’est le choix courageux de ne plus être son propre obstacle, pour devenir enfin son plus fidèle allié. »
